Immobilier et SCPI

Crédit immobilier : des taux stables cet été, une rentrée à surveiller

Autour de 3,35 % sur vingt ans, les taux de crédit immobilier ont passé un été calme. Les courtiers anticipent une légère remontée en septembre. Voici ce que cela change, ou pas, si vous avez un projet d'achat.

Immobilier et SCPI · · 7 min · Par Karine Sevin
Crédit immobilier : des taux stables cet été, une rentrée à surveiller

Les taux de crédit immobilier ont fait beaucoup parler d'eux ces trois dernières années, dans un sens puis dans l'autre. Cet été, ils n'ont presque pas bougé, et c'est en soi une nouvelle. Après une remontée au printemps, les barèmes se sont stabilisés en juillet et en août, certaines banques ayant même consenti de très légers ajustements à la baisse. La rentrée, elle, s'annonce un peu plus tendue. Voyons ce que cela signifie si vous avez un projet d'achat ou d'investissement dans les mois qui viennent.

Où en sont les taux en cette fin d'été

Les barèmes de rentrée s'établissent aux alentours de 3,15 % à 3,35 % sur quinze ans, de 3,35 % à 3,45 % sur vingt ans et de 3,45 % à 3,55 % sur vingt-cinq ans, hors assurance et selon les profils. Ces chiffres sont des moyennes de marché : votre taux réel dépendra de votre apport, de la stabilité de vos revenus, de votre reste à vivre et de la relation que vous entretenez avec votre banque. Un très bon dossier peut obtenir sensiblement mieux, un dossier plus fragile devra composer avec une durée plus longue ou un apport plus important.

Pourquoi cette accalmie estivale

Deux raisons se conjuguent. D'un côté, les banques ont retrouvé une marge de manoeuvre sur leurs conditions de refinancement et cherchent à remplir leurs objectifs de production de crédit avant la fin de l'année. De l'autre, l'été reste une période creuse en volume de dossiers, ce qui incite peu à durcir les grilles. Résultat, une forme de statu quo qui a profité aux emprunteurs bien préparés, ceux dont le dossier était prêt à partir dès la signature du compromis.

Ce qui est anticipé pour la rentrée

Le scénario le plus souvent avancé par les courtiers est celui d'une remontée mesurée à partir de septembre, de l'ordre de quelques dizaines de points de base, plutôt que d'un choc brutal. Cette prudence s'explique par la tension observée sur les taux longs et par un contexte budgétaire français qui reste scruté par les marchés. Je préfère vous le dire clairement : personne ne sait de quoi les prochains mois seront faits, et bâtir un projet immobilier sur un pari de taux est rarement une bonne idée.

On n'achète pas un taux, on achète un logement. Le taux se renégocie, pas la localisation.

Ce que 0,2 point change réellement sur un budget

Prenons un emprunt de 250 000 euros sur vingt ans, hors assurance. À 3,35 %, la mensualité s'établit autour de 1 431 euros et le coût total des intérêts avoisine 93 400 euros. À 3,55 %, la mensualité passe à environ 1 456 euros et le coût des intérêts à près de 99 500 euros. L'écart mensuel est d'environ 25 euros, l'écart total d'un peu plus de 6 000 euros sur la durée du prêt. C'est loin d'être négligeable, mais c'est aussi beaucoup moins que ce qu'une négociation sérieuse sur l'assurance emprunteur ou sur le prix du bien peut vous faire gagner.

Trois leviers qui pèsent souvent plus que le taux affiché

Le premier, c'est l'assurance emprunteur. Elle peut représenter une part importante du coût total de votre crédit, et vous êtes libre de la choisir en dehors de votre banque, y compris après la signature. Sur un dossier de deux emprunteurs, l'économie se compte régulièrement en milliers d'euros. Le deuxième levier, c'est la durée : allonger le prêt réduit la mensualité mais alourdit fortement le coût total. Le troisième, c'est la structure de votre apport, car mobiliser toute votre épargne pour réduire l'emprunt n'est pas toujours le choix le plus pertinent, surtout si cela vous laisse sans réserve de sécurité.

Et si votre projet est un investissement locatif

Le raisonnement change. Dans un investissement, le crédit n'est pas seulement un coût, c'est un outil : vous financez un actif avec l'argent de la banque et les loyers de votre locataire. Ce qui compte alors n'est pas le taux pris isolément, mais le rendement net après charges, fiscalité et vacance locative, comparé au coût du financement. C'est aussi vrai pour les parts de SCPI achetées à crédit, qui permettent d'investir dans l'immobilier locatif sans gérer de locataire, mais qui obéissent à leurs propres règles de rendement et de risque.

Comment préparer votre rentrée

Si vous avez un projet, la période est propice à la préparation plutôt qu'à l'attente. Faites d'abord le point sur votre capacité d'emprunt réelle, c'est à dire le montant que votre budget peut absorber sans vous priver de tout. Le simulateur de prêt immobilier disponible sur ce site vous donne un premier ordre de grandeur en quelques minutes, mensualité et coût total compris. Rassemblez ensuite vos justificatifs, soldez si possible vos petits crédits à la consommation, et évitez les découverts sur les trois derniers mois : un dossier propre pèse parfois plus lourd qu'un dixième de point négocié.

Enfin, gardez une chose en tête : un crédit immobilier ne se regarde jamais seul. Il s'articule avec votre épargne de précaution, votre protection en cas d'arrêt de travail, votre fiscalité et vos projets de long terme. C'est précisément ce que nous regardons ensemble lors d'un premier rendez-vous, offert et sans engagement, à votre domicile sur la Côte d'Azur, ou en visio partout en France.

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