Épargner pour ses enfants : ce qui marche vraiment, et le piège des 18 ans
La rentrée remet la question sur la table : combien mettre de côté pour ses enfants, et sur quoi. Voici ce que permettent réellement les livrets, ce que change l'horizon de placement, et le point que presque personne n'anticipe, le jour des 18 ans.

Septembre est un mois de bonnes résolutions financières. Les fournitures achetées, la cantine réglée, beaucoup de parents se disent qu'il serait temps de mettre quelque chose de côté pour plus tard. La question qui suit est presque toujours la même : combien, et sur quoi ? Je vous propose de la prendre dans l'autre sens, en partant de ce que vous voulez que cet argent permette, et de la date à laquelle il servira.
Le seul levier vraiment puissant, c'est le temps
Pour un enfant qui vient de naître, l'argent que vous placez a devant lui dix-huit ans, parfois davantage si l'objectif est un apport pour un premier logement. C'est un horizon que très peu de projets d'adulte offrent, et c'est précisément ce qui rend l'épargne des enfants intéressante. Sur une durée pareille, ce n'est plus le montant mensuel qui fait la différence, c'est la régularité et la durée. Cinquante euros par mois commencés à la naissance pèsent plus que cent cinquante euros commencés à douze ans. J'ai détaillé ce mécanisme dans un article consacré aux intérêts composés, et vous pouvez en visualiser l'effet en quelques secondes avec le simulateur d'épargne.
Les livrets : simples, sûrs, et vite à l'étroit
Le Livret A peut être ouvert dès la naissance et son plafond de versements est de 22 950 euros. Son taux est de 1,7 % depuis le 1er août 2026, et les intérêts échappent à l'impôt comme aux prélèvements sociaux. Détail utile : un mineur ne peut effectuer aucun retrait avant seize ans, et entre seize et dix-huit ans il lui faut l'accord de son représentant légal, qui peut d'ailleurs s'y opposer par écrit auprès de la banque.
À partir de douze ans s'y ajoute le livret jeune, réservé aux douze à vingt-cinq ans. Son plafond est modeste, 1 600 euros hors intérêts, mais son taux ne peut pas être inférieur à celui du Livret A et il est souvent supérieur, les banques le fixant librement. Les intérêts sont eux aussi exonérés. Le livret est fermé automatiquement l'année des vingt-cinq ans du titulaire.
Ces deux enveloppes sont parfaites pour ce qu'elles sont : de l'argent disponible, garanti, sans frais. Elles conviennent à l'épargne de précaution et aux projets à court terme. Elles sont en revanche mal armées pour un objectif à quinze ans, parce qu'un rendement proche de l'inflation protège le capital sans le faire grandir.
Pour un enfant, la vraie question n'est pas quel produit choisir, mais à quelle date l'argent devra être disponible.
Le point que presque personne n'anticipe : les dix-huit ans
C'est le sujet dont on parle le moins et celui qui crée le plus de surprises. Un livret ou un contrat ouvert au nom de l'enfant lui appartient. Le jour de sa majorité, il en dispose librement, et vous n'avez plus voix au chapitre. Pour certaines familles, c'est exactement l'intention. Pour d'autres, découvrir qu'un capital constitué pendant dix-huit ans peut financer autre chose que les études prévues est un choc.
Il existe une alternative simple : conserver l'épargne à votre nom, et la transmettre le moment venu, quand vous jugez que le projet est le bon. Vous gardez alors la main, la fiscalité de la donation s'anticipe, et rien n'empêche d'expliquer très tôt à l'enfant ce qui existe pour lui. Si vous tenez à ce que les fonds soient bloqués au delà de sa majorité, ce n'est pas impossible, mais cela relève d'un montage juridique à faire rédiger par un notaire ou un avocat, pas d'une case à cocher chez votre banquier.
Choisir le support en fonction de la date, pas de la mode
Passé le socle de sécurité, la question devient celle du risque acceptable. Sur un horizon de dix à quinze ans, un contrat d'assurance vie permet de mélanger un fonds en euros, dont le capital est garanti par l'assureur, et des unités de compte, qui n'offrent aucune garantie mais visent un rendement supérieur. Plus l'échéance est lointaine, plus une part d'unités de compte se défend ; plus elle approche, plus il est raisonnable de sécuriser progressivement. Le simulateur d'assurance vie du site vous montre ce que donnent différents profils sur la durée que vous choisissez.
Deux garde-fous, que je répète à chaque rendez-vous. Une simulation n'est pas une promesse : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et une unité de compte peut perdre de la valeur. Et l'épargne des enfants ne passe jamais avant la vôtre : votre épargne de précaution et votre retraite d'abord, le reste ensuite. Un parent sans matelas de sécurité qui doit casser l'épargne de ses enfants au premier imprévu a perdu sur les deux tableaux.
Combien mettre, concrètement
Il n'y a pas de bon montant universel, il y a un montant tenable. Mieux vaut un virement automatique modeste, mis en place le lendemain de la paie et jamais interrompu, qu'un effort important abandonné au bout de six mois. Ajoutez-y ce qui arrive par à-coups, les cadeaux des grands-parents ou une prime, plutôt que de les laisser dormir sur le compte courant. Et revoyez le montant à chaque étape de la vie de famille plutôt qu'une fois pour toutes.
Si vous hésitez entre garder l'épargne à votre nom ou l'ouvrir au nom de vos enfants, si vous vous demandez quelle part peut raisonnablement être investie, ou si vous voulez simplement faire le point sur ce qui existe déjà, parlons-en. C'est le genre de décision qui se prend une fois et qui produit ses effets pendant quinze ans. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Le premier rendez-vous est offert et sans engagement, à votre domicile sur la Côte d'Azur, ou en visio partout en France.
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