Le Livret A passe à 1,7 % : ce que cela change vraiment pour votre épargne
Depuis le 1er août 2026, le Livret A et le LDDS rapportent 1,7 % au lieu de 1,5 %, et le LEP conserve son taux de 2,5 %. Une bonne nouvelle, à condition de savoir quelle place donner à ces livrets dans votre épargne.

Tous les six mois, le même rituel : le taux du Livret A est révisé, et la nouvelle fait la une. Depuis le 1er août 2026, il est passé de 1,5 % à 1,7 %. Le Livret de développement durable et solidaire, le fameux LDDS, suit exactement le même mouvement. Vous n'avez aucune démarche à faire, la revalorisation est automatique sur votre livret. Reste la vraie question, celle que l'on me pose en rendez-vous : est-ce que cela change quelque chose pour vous ? Ma réponse est nuancée, et je vous explique pourquoi.
Ce qui change exactement depuis le 1er août
Le Livret A et le LDDS rémunèrent désormais votre épargne à 1,7 % par an. Le Livret d'épargne populaire, lui, conserve son taux de 2,5 %, alors que la formule de calcul aurait conduit à le faire baisser autour de 2,2 %. Le gouvernement a choisi de le maintenir, ce qui en fait aujourd'hui le livret réglementé le plus intéressant du marché, de loin. Ces trois livrets partagent un avantage que l'on oublie souvent de souligner : les intérêts sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le taux affiché est donc un taux net, ce qui n'est le cas d'aucun autre placement classique.
Pourquoi le taux remonte alors que l'inflation ralentit
Le taux du Livret A n'est pas décidé à la tête du client : il découle d'une formule qui combine l'inflation moyenne des six derniers mois et les taux auxquels les banques se prêtent de l'argent entre elles. Sur le premier semestre 2026, l'inflation moyenne s'est établie autour de 1,5 % en rythme annuel, mais les taux du marché monétaire, eux, se sont tendus. C'est cette seconde composante qui tire le taux vers le haut. Autrement dit, cette hausse ne récompense pas votre effort d'épargne, elle reflète simplement l'état du marché de l'argent à court terme.
Ce que cela représente concrètement sur votre livret
Prenons un Livret A rempli au plafond, soit 22 950 euros. À 1,5 %, il vous rapportait environ 344 euros par an. À 1,7 %, il vous rapportera environ 390 euros. Le gain supplémentaire est donc d'environ 46 euros sur une année complète. Sur un livret alimenté à hauteur de 10 000 euros, la différence tombe à une vingtaine d'euros par an. C'est toujours bon à prendre, mais vous voyez qu'il ne s'agit pas d'un changement de dimension. Le Livret A ne fera pas votre patrimoine, et ce n'est d'ailleurs pas son rôle.
Le Livret A n'est pas un placement. C'est un coussin de sécurité qui doit rester disponible à tout moment.
La bonne dose de Livret A : trois à six mois de dépenses
Dans la plupart des situations que j'accompagne, la règle est simple. Votre épargne de précaution doit couvrir entre trois et six mois de dépenses courantes, un peu plus si vos revenus sont irréguliers ou si vous êtes travailleur indépendant. Cette somme doit être disponible immédiatement, sans risque de perte, et c'est exactement ce que fait le Livret A. En dessous de ce seuil, vous êtes fragile face à un imprévu. Au-dessus, chaque euro qui dort sur un livret est un euro qui travaille beaucoup moins qu'il ne le pourrait, compte tenu de votre horizon.
Le LEP, le grand oublié des épargnants
Le Livret d'épargne populaire rapporte 2,5 %, soit près d'un point de plus que le Livret A, pour un plafond de versement de 10 000 euros. Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain seuil, de l'ordre de 22 800 euros pour une personne seule, revalorisé chaque année. Or des millions de personnes qui y ont droit ne l'ont jamais ouvert, souvent parce qu'elles ignorent leur éligibilité. L'avis d'impôt que vous venez de recevoir cet été porte votre revenu fiscal de référence en première page : c'est le document qu'il vous faut pour vérifier, en deux minutes, si vous avez droit à ce livret.
Et au-delà du plafond, on fait quoi ?
C'est là que le vrai sujet commence. Une fois votre épargne de précaution constituée, la question n'est plus « quel est le meilleur taux », mais « de quoi ai-je besoin, et quand ». De l'argent dont vous n'aurez pas besoin avant huit ou dix ans n'a pas grand-chose à faire sur un livret. Selon votre situation, votre fiscalité et votre tolérance au risque, il peut trouver sa place dans une assurance-vie, un plan d'épargne retraite, un plan d'épargne en actions ou de l'immobilier, y compris sous forme de parts de SCPI. Aucune de ces solutions n'est bonne dans l'absolu : elles le deviennent quand elles correspondent à un projet daté.
Attention toutefois à ne pas basculer dans l'excès inverse. Sortir de l'épargne garantie signifie accepter un risque de perte en capital, une durée de placement plus longue, et parfois une fiscalité à anticiper. Une stratégie tient debout quand elle est construite dans le bon ordre : la sécurité d'abord, les projets ensuite, l'optimisation en dernier.
Ce que je vous propose de faire cet été
Prenez dix minutes pour trois vérifications. D'abord, comparez le solde de vos livrets au montant de vos dépenses mensuelles, pour savoir si votre coussin de sécurité est à la bonne taille. Ensuite, ouvrez votre avis d'impôt et regardez votre revenu fiscal de référence, pour vérifier votre éligibilité au LEP. Enfin, faites la liste de vos projets des dix prochaines années, avec une date en face de chacun. Ces trois informations suffisent à savoir si votre épargne est bien organisée, ou si elle mérite d'être remise en ordre.
Si vous souhaitez y voir plus clair sur votre propre situation, nous pouvons en parler ensemble : le premier rendez-vous est offert et sans engagement, à votre domicile sur la Côte d'Azur, ou en visio partout en France.
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