Transmission

Pourquoi les Français ont-ils tant de mal à préparer leur succession ?

72 % des Français n'ont engagé aucune démarche pour préparer leur transmission. Non par négligence, mais parce que le sujet touche à l'intime et paraît compliqué. Voici ce qui bloque vraiment, et les premiers gestes pour reprendre la main.

Transmission · · 5 min · Par Karine Sevin
Pourquoi les Français ont-ils tant de mal à préparer leur succession ?

« On a travaillé toute notre vie, nos enfants auront ce qu'il y aura à notre décès. » Cette phrase, je l'entends souvent, dite avec le calme de l'évidence. Elle n'a rien de choquant, elle dit même quelque chose de beau : on a construit, on transmettra ce qui reste. Mais derrière cette sérénité apparente se cache presque toujours la même réalité. Rien n'a été organisé, et ce sont les enfants qui découvriront la facture.

72 %, le chiffre qui résume tout

Une étude Discurv menée en juin 2026 auprès de 1 000 personnes pour INOVÉA, le réseau auquel j'appartiens, met des chiffres sur cette intuition. 72 % des Français n'ont engagé aucune démarche pour préparer leur transmission. Dans le même temps, 79 % jugent les droits de succession excessifs et 71 % redoutent des conséquences financières lourdes pour leurs héritiers.

Voilà le paradoxe français : on trouve l'impôt trop lourd, on craint pour ses proches, et on ne fait rien.

Ce n'est pas de la négligence

C'est le point que je veux souligner, parce qu'il est souvent mal compris. Les personnes qui n'anticipent pas ne sont ni imprudentes ni désinvoltes. Quand on leur demande pourquoi, les réponses sont très humaines. 34 % estiment avoir encore le temps. 25 % pensent ne pas avoir un patrimoine suffisant pour que cela en vaille la peine. 13 % préfèrent éviter un sujet qui parle de la fin de vie. 13 % trouvent les règles trop compliquées. Et 11 % ne savent tout simplement pas vers quel professionnel se tourner.

Le sujet n'est pas difficile parce qu'il parle d'argent. Il est difficile parce qu'il parle du jour où l'on ne sera plus là.

Aucune de ces raisons n'est absurde. Elles ont seulement un point commun : elles repoussent la décision au moment où les meilleurs outils ne seront plus disponibles.

« Je n'ai pas assez de patrimoine », la fausse bonne raison

C'est celle que je rencontre le plus souvent, et c'est souvent celle qui coûte le plus cher. Beaucoup imaginent que la fiscalité successorale ne concerne que les grandes fortunes. Les chiffres racontent autre chose.

Chaque parent peut transmettre 100 000 euros à chacun de ses enfants sans aucun droit à payer. Au-delà, un barème progressif s'applique sur la part taxable, et il atteint 20 % très vite, dès environ 16 000 euros au-dessus de l'abattement. Sur la Côte d'Azur, où un appartement familial suffit à franchir ces seuils, la question n'a rien de théorique.

Surtout, cet abattement se reconstitue tous les 15 ans lorsqu'on donne de son vivant. Un couple avec deux enfants transmet 400 000 euros sans droits au moment de la succession. Le même couple qui commence tôt et recommence 15 ans plus tard fait passer 800 000 euros en franchise. La différence ne tient pas au montant du patrimoine, elle tient au calendrier.

Les leviers existent, et c'est le plus frustrant

81 % des Français déclarent ignorer les dispositifs qui permettent de réduire légalement cette fiscalité. Ils ne sont pourtant ni secrets ni réservés à quelques initiés.

La donation permet d'utiliser l'abattement plusieurs fois au cours d'une vie. L'assurance-vie offre, pour les versements effectués avant 70 ans, un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, en dehors de la succession. Le démembrement permet de donner la nue-propriété d'un bien tout en conservant l'usage et les revenus, avec une base taxable réduite selon l'âge du donateur. Le testament, enfin, coûte quelques centaines d'euros et évite bien des malentendus entre héritiers.

Aucun de ces outils n'est bon ou mauvais en soi. Tout dépend de votre situation familiale, de vos revenus et de ce dont vous aurez besoin pour vivre. C'est exactement le travail que nous faisons ensemble en rendez-vous.

Le bon moment arrive plus tôt qu'on ne croit

Interrogés sur l'âge idéal pour commencer, 28 % des Français citent la tranche 50-60 ans. L'intuition est bonne, et elle est même un peu tardive. Puisque l'abattement se reconstitue tous les 15 ans, commencer à 55 ans permet d'en profiter deux fois avant 85 ans. Commencer à 70 ans, une seule.

Il y a un autre chiffre qui me tient à cœur : 49 % des Français n'ont jamais consulté de spécialiste sur ce sujet, ni même envisagé de le faire. Or la première difficulté n'est presque jamais technique. Elle consiste à mettre des mots sur ce que l'on souhaite vraiment. Protéger son conjoint. Aider un enfant plus fragile. Éviter que la maison de famille ne devienne un sujet de discorde.

Anticiper, c'est protéger

Préparer sa succession, ce n'est pas organiser sa disparition. C'est décider soi-même, tant qu'on le peut, de ce qui ira à qui et dans quelles conditions. C'est aussi éviter à ses enfants d'avoir à trancher des questions d'argent au pire moment de leur vie.

Chaque situation est différente, et les chiffres cités ici correspondent au barème 2026 applicable en ligne directe. Il n'existe pas de solution universelle, seulement des stratégies qui vous ressemblent.

Vous vous demandez où vous en êtes, ou simplement par quoi commencer ? Parlons-en lors d'un premier rendez-vous, offert et sans engagement, chez vous sur la Côte d'Azur ou en visio.

Une question sur cet article ?

En visio partout en France, ou à votre domicile sur la Côte d'Azur.

Prendre rendez-vous